Karen - geopolitique

modifié le lundi 22 avril 2019

 

Depuis l'accession du pays à l'indépendance en 1948, une guerre civile sporadique s'est développée entre le gouvernement et divers groupes ethniques dissidents qui s'appelèrent alors « Karen ».

militaire karen

Au début des années 1980, le principal facteur d'unité des Karens entre eux, était une méfiance commune de la domination politique par la majorité birmane. Leur assimilation à l'état du Myanmar est restée un problème politique aigu dans le pays.

Durant ces années de guerre civile dans la région, entre l’Union nationale karen (KNU) – la plus ancienne guérilla du monde – et l’armée du régime militaire de Rangoon généra de nombreuses victimes et certains trouvèrent refuge a la frontière thaïlandaise, avec un soutien tiède de la communauté internationale.

a la frontière Thailandaise en 1986

Encore, au début des années 2000, la domination politique par la majorité birmane était source de revendications indépendantistes.

Un accord de paix récent en 2015 permet cependant à la région de bénéficier d’une amélioration de ses conditions de vie. La ville de Pha An, capitale régionale sur les rives de la Salouenne, est maintenant une ville qui se modernise et s’ouvre au tourisme.

Karen - collecte du caoutchouc

Du point de vue économique des hommes d’affaires de Moulmein (capitale de l’État Mon, voisin) ont exploité les terres basses en pratiquant des déforestations et en faisant pousser de l’hévéa.  Le caoutchouc est toujours une affaire prospère, mais faiblement pour les Karen elles-mêmes. La frustration des Karen est donc aussi d’ordre économique. Face à l’absence de perspectives d’emplois, presque tous les jeunes sont partis travailler en Thaïlande.

Karen de Birmanie et de Thaïlande

Devant la montée de l’influence des prédicateurs chrétiens (surtout baptistes), qui reçurent un accueil favorable de la part des Karen, en réaction a la religion d’État du reste du pays, des moines bouddhistes se sont réimplantés dans la région en encourageant la construction ou la restauration de nombreuses pagodes.

Site bouddhiste en pays Karen

 

 

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Tribu

Agglomération de familles vivant dans la même région, ou se déplaçant ensemble, ayant un système politique commun, des croyances religieuses et une langue communes, et tirant primitivement leur origine d'une même souche.

Minorités (définition)

Une minorité se définie dans un contexte,  non de manière absolue. Elle peut être analysée par rapport à de la population d’une nation, d’une zone géographique, du point de vue des religions, des langues, de la culture ou de la race, de la couleur de peau, des liens de parenté…

L’appréciation en est variable selon le lieu et l’époque.

La supériorité du nombre est vue comme une hiérarchie, une supériorité de la majorité. Dans l’histoire il est peu d’exemple de minorités qui n’aient pas été marginalisées, persécutés, assimilés de force, voire physiquement éliminées.

La minorité ne l’est cependant pas toujours en nombre. Le colonisateur considéra souvent les indigènes comme des races inférieures.

La constitution des états nation moderne à souvent contribué à les révéler et à en aggraver le sort par rapport à la relative tolérance observée autrefois par les Empires. (Comme l’était les Ottomans ou les Austro-Hongrois par exemple)

La définition des  minorités dépend des stratégies de la minorité elle-même, soit par son rôle géopolitique, économique, culturel. (Les juifs, les Arméniens,Touareg…)

Une minorité est aussi une catégorie sociale définie par discrimination : les homosexuels, les femmes, les gens du voyage.